|
- Octobre 2011 - L'assassinat du Docteur GODARD - Eric Lemasson - Enquête
- Vidéo France 3 - GODARD - WARGNIER - POUCET - CDCA ...
- Journal Aujourd'hui en France - Le Parisien - Enquête : le livre qui pourrait relancer l’affaire Godard
Article du Journal aujourd'hui en France - Le Parisien du 8 octobre 2011
Actualité > Faits divers

Enquête : le livre qui pourrait relancer l’affaire Godard
L’auteur d’un ouvrage qui vient de paraître affirme que Yves Godard et sa famille
ont été assassinés en 1999, victimes d’un règlement de comptes sur fond d’évasion fiscale.
NICOLAS JACQUARD AVEC LAURENT LECLERC À CAEN | Publié le 08.10.2011, 07h00
C’est l’une des affaires les plus mystérieuses des dernières décennies : la disparition, en 1999,
du docteur Yves Godard, de sa femme et de leurs deux enfants. Les témoins s’étaient multipliés,
dans le monde entier, assurant avoir aperçu la famille.
L’enquête, ponctuée d’innombrables rebondissements, avait fini par conclure au scénario
d’un drame familial à l’issue duquel le docteur avait tué sa femme et ses enfants avant
de se donner la mort.
Une hypothèse confortée par la découverte, en mer, de son crâne et de celui de sa fille Camille.
Cette version est aujourd’hui battue en brèche par un ouvrage dont le titre dévoile d’emblée
le parti pris : « l’Assassinat du docteur Godard »*.
Pour son auteur, le journaliste Eric Lemasson, la famille Godard a été tuée par une obscure mafia
qui gravitait à la fin des années 1990 autour d’un syndicat de petits commerçants,
la Confédération de défense des commerçants et artisans (CDCA), dont le charismatique
secrétaire national, Christian Poucet, a été assassiné dans l’Hérault en 2001.
Première révélation : « Le docteur ne peut pas s’être suicidé en mer puisqu’il a été vu en Ecosse,
sur l’île Lewis, en octobre 1999, ce dont je suis sûr à 2000%, avance l'auteur.
Il y a eu un ratage des gendarmes, qui se trouvaient sur l’île en même temps que lui. »
Surtout, le journaliste fait état d’une confidence reçue par les enquêteurs de la police judiciaire
de Montpellier, en charge de l’assassinat de Christian Poucet :
« Hors procédure, un indicateur réfugié au Brésil leur a dit qu’il y avait eu un contrat
sur la tête de Christian Poucet, et que la même organisation était montée
s’occuper d’un médecin et de ses deux enfants. »
A l’époque, la CDCA milite contre le monopole de la Sécurité sociale, incite ses dizaines de milliers d’adhérents à ne pas payer leurs cotisations et à souscrire à des contrats à l’étranger,
dont les sommes collectées sont dissimulées dans des paradis fiscaux.
D’après Eric Lemasson, une mafia aurait alors voulu faire main basse sur ce pactole.
Yves Godard, qui aurait placé près de deux millions de francs dans le système,
aurait cherché à s’exiler, avant d’être tué pour avoir menacé de faire des révélations
et s’être montré trop insistant à récupérer ses fonds.
Ce qui reste certain, c’est que le docteur « était plus qu’un simple adhérent du CDCA,
se souvient Daniel Nazorgues, un ancien lieutenant de Christian Poucet.
Il était proche de Christian. Les deux étaient en contact régulier ».
« Les révélations du livre sont intéressantes », renchérit Alexandra Poucet,
la fille de Christian, qui note que dans les deux dossiers
« la piste de Madère est évoquée ». C’est sur cette île que le docteur Godard avait ouvert un compte.
C’est là aussi que Christian Poucet était en affaires avec une associée qui l’avait menacé quelques
mois avant sa mort. « J’ai bon espoir que l’enquête sur l’assassinat de mon père aboutisse »,
veut croire aujourd’hui Alexandra Poucet.
« Avec ces rebondissements, je n’imagine pas que le dossier Godard soit clôturé.
Au contraire, les deux dossiers pourraient prochainement être joints juridiquement »,
anticipe le journaliste. « Les magistrats chargés de ces deux enquêtes sont en contact depuis 2009 », confirme une source judiciaire.
Le procureur de Saint-Malo, Alexandre de Bosschère, se montre, lui, plus nuancé :
« Le juge qui instruit l’affaire Godard demandera peut-être la poursuite
d’investigations dans certains domaines.
S’il devait décider de refermer ce dossier, nous réexaminerions au préalable
l’ensemble des pièces y figurant. »
* Editions les Arènes, 18,80 €
Source : Le Parisien - Aujourd'hui en France
- Association Christian POUCET - Octobre 2011
|
|